Arnaud Boisset

07/11/2022 // Le 13 a ses bons et ses mauvais côtés…

Entre mi-septembre et mi-octobre, nos entraînements se sont poursuivis plutôt à Saas-Fee et plutôt en géant et en super-G. Petite nouveauté, la station haut-valaisanne a construit un saut, comme vous pouvez le voir dans la vidéo.

Mais tout monde attendait impatiemment les sélections officielles en vue des courses de Coupe du monde de Zermatt. Les entraîneurs m’ont fait part d’une super nouvelle : j’étais admis aux entraînements en tant que 13e Suisse, alors qu’ils avaient retenu 14 coureurs. J’avais coché le premier des objectifs figurant sur ma liste pour cette saison. Malheureusement, moins de 24 heures après, l’annulation est tombée... Mais il faut bien reconnaître que c’était la seule solution envisageable ; il aurait été aberrant de maintenir des courses avec ce manque de neige.  

Restait la question du voyage au Canada pour les épreuves de Coupe du monde, pour lequel seules 13 places sont disponibles. J’étais donc 13e pour celles de Zermatt mais Justin Murisier avait renoncé en raison de sa blessure au dos. Comme Justin a marqué des points en Coupe du monde la saison dernière et qu’il a réussi des résultats probants en vitesse, il est prioritaire, ce qui est tout à fait normal. Si bien que je suis 14e, et donc non sélectionné pour le Canada. Si les courses de Zermatt s’étaient disputées, j’aurais eu l’occasion de montrer mon niveau et peut-être de grignoter quelques places dans la hiérarchie. Mais dans l’état actuel des choses, les entraîneurs ont préféré se baser sur les épreuves de la saison passée plutôt que sur les entraînements de cet été. Certes, leur décision n’est pas en ma faveur, mais elle est logique : à mes yeux aussi, les résultats en course ont plus de valeur que les chronos sur glacier.

Je vais donc rester en Europe tout le mois de novembre. Nous allons nous entraîner sur neige artificielle, bien qu’on ne sache pas exactement où ; il faut attendre qu’il fasse un petit peu plus froid et que plusieurs domaines puissent être préparés, je pense à Zinal, St. Moritz ou Davos. Je devrais donc reskier vers le 15 novembre pour le sprint final de la préparation. Quant à la compétition, la reprise se fera fin novembre, vraisemblablement en géant FIS, afin de me remettre dans le rythme. Les premières courses importantes sont agendées début décembre, les 6 et 7 à Santa Caterina pour le compte de la Coupe d’Europe.

Aujourd’hui, je suis donc au clair en ce qui concerne mon programme : je sais que je vais commencer par la Coupe d’Europe mais j’espère bien par la suite avoir l’opportunité de participer à des sélections Coupe du monde, au moins sur la base d’entraînements.

 

TRALALA

05/09/2022 // La Coupe du monde déjà en point de mire

En juillet, les conditions n’étaient pas faciles mais, malgré les fortes chaleurs qui ont beaucoup impacté les glaciers, nous avons quand même pu skier cinq jours à Saas-Fee. Le ski d’été a changé radicalement : pour que les conditions d’entraînement soient bonnes, il nous faut désormais une météo parfaite. À la moindre précipitation ou même si le ciel se couvre légèrement pendant la nuit, le regel ne se fait pas et nous ne pouvons pas nous entraîner convenablement. 

Après ce premier camp, j’ai remis l’accent sur la condition physique, pendant deux semaines début août. Puis nous sommes montés à Zermatt. Après la déception de Saas-Fee, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais Zermatt, c’est autre chose. Déjà, le glacier est 500 mètres plus haut, ce qui change passablement la donne. Ensuite, il est orienté un peu différemment, et les vents ne sont pas les mêmes non plus. Tout cela a fait que les conditions étaient nettement meilleures. Nous avons donc pu faire du très bon ski. Et même utiliser la piste de vitesse - plus d’une minute de descente, ce qui est exceptionnel à cette période-là. En Europe, c’est à ma connaissance le seul endroit où c’est possible. Résultat : nous avons enchaîné six jours de ski d’affilée, grâce à une météo vraiment très bonne.

Après une semaine de pause, je viens tout juste de remonter à Zermatt. Ces prochains temps, je vais alterner semaine de ski et semaine de pause, en gros jusqu’à la fin septembre. L’objectif que nous avons tous en point de mire, ce sont les toutes premières descentes de Coupe du monde qui auront lieu à Zermatt les 29 et 30 octobre. Mais la sélection ne va pas être facile :  il y a beaucoup d’appelés, pas de blessés, même les géantistes sont intéressés. La participation à ces épreuves constitue bien évidemment un objectif, mais je ne vais pas en faire une fixation, et courir le risque d’être déçu en quelque sorte avant que la saison ne commence vraiment. Il ne faudrait en effet pas oublier qu’un bon mois va séparer les courses de Zermatt du véritable coup d’envoi de la saison. Un laps de temps plus que suffisant pour nous permettre de peaufiner les derniers détails.

 

TRALALA

12/07/2022 // La période de condition physique touche à sa fin

Il m'a fallu un peu de recul pour digérer la saison dernière. J'ai eu besoin de quelques semaines de coupure par rapport au monde du ski. A partir du 10 mai, j'ai repris l'entraînement physique avec d'abord beaucoup de vélo et de course à pied. Puis, au début juin, nous avons recommencé l'entraînement de force au fitness tout en maintenant deux séances d'intervalles par semaine. J'ai alterné des semaines d'entraînement à Macolin, à Kerenzerberg ainsi qu'à la maison.

Fin juin, j'ai passé mes derniers examens universitaires, ce qui m'a libéré d'un certain poids. Pendant l'été, je vais rédiger mon travail de Bachelor, puis à partir de septembre jusqu'en avril au moins, j'ai décidé de ne plus rien entreprendre de scolaire. Cela va me permettre, pour la première fois de ma jeune carrière, de me consacrer à 100% au ski et je m’en réjouis vraiment!

Cette semaine, nous effectuons une semaine de tests physiques à Macolin afin d'évaluer la progression enregistrée depuis mai. Ensuite, je vais avoir cinq jours de repos et puis nous avons prévu le retour sur la neige le 22 juillet prochain. Cette année, compte tenu de la première Coupe du monde de vitesse qui aura lieu pour la première fois fin octobre à Zermatt, nous avons dû avancer quelque peu notre retour sur les skis.

21/03/2022 // Bilan d'une saison cauchemardesque

Suite à une saison 2021 très encourageante, avec en prime une sélection dans le groupe d'entraînement Coupe du monde, tous les voyants étaient au vert pour 2022. La préparation estivale s'est très bien déroulée et j'ai pu profiter à merveille des moyens mis à disposition par le nouveau groupe. Ensuite, j'ai atteint mon premier objectif de la saison, en étant au départ des entraînements de la Coupe du monde de Lake Louise. Lors du premier essai chronométré, j’ai terminé à une belle 28e place en tant que 5e Suisse. Sachant que huit Suisses étaient sélectionnés, il me fallait simplement confirmer la prestation le lendemain, lors de l'ultime entraînement.

Malheureusement, à partir de cette date, rien ne s’est déroulé comme prévu... J'ai échoué au stade des qualifications internes en tant que 10e et dernier Suisse. Lors des courses de décembre, ma santé m’a joué des tours et tant à Zinal qu'à Santa Caterina, je n’étais pas à 100% au moment de prendre le départ. Ensuite, j’ai pris le temps de récupérer pendant les fêtes de fin d'année avant de retourner à l'entraînement début janvier. C'est alors que je me suis fracturé la tête de l'humérus lors d'une manche d'entraînement de super-G à Saalbach.

D’emblée, les médecins m’ont dit : « Ça peut prendre 3 semaines comme 3 mois, ça dépend des athlètes. » J'avais le choix soit de laisser guérir gentiment soit de prendre des antidouleurs ou de recevoir une injection de cortisone pour masquer la douleur et continuer la saison. J'ai préféré privilégier la guérison naturelle, certes plus lente mais certainement plus saine sur le long terme. 

Comme les médecins m'avaient précisé que je ne risquais pas d'aggraver ma blessure en skiant, j'ai essayé de revenir d'abord fin janvier en Coupe d'Europe, puis mi-février. Mais rien n'y a fait : la douleur et le manque d'entraînement m'empêchaient d'évoluer à mon meilleur niveau. Les courses de Coupe d'Europe et de Coupe du monde étant terminées, j’ai alors pris la décision, en concertation avec les entraîneurs, de mettre un terme à ma saison 2022.

A l'heure du bilan, j'ai de la peine à mettre des mots sur ce que je ressens. Je me suis investi à 200% lors de la préparation estivale et j'ai bénéficié des meilleures conditions d'entraînement de ma carrière. Mais par rapport à mes attentes, cette saison a paradoxalement été la moins bonne depuis que je suis dans les cadres nationaux. Je suis donc soulagé de tourner la page et de clore le chapitre 2022 ; je vais tout faire pour ressortir grandi de ces derniers mois et j'ai déjà le regard tourné vers l'avenir. Je reste convaincu que mon niveau du mois de novembre était bon, bien que je n'aie pas pu le prouver concrètement. Quand je regarde ce que mes coéquipiers ont réussi à montrer cet hiver, notamment Yannick Chabloz, et que je sais que je n'étais pas loin durant la préparation, je me permets de rêver à un avenir plus radieux.

Mais dans l'immédiat, je vais profiter des quelques semaines où les installations vont rester ouvertes pour mettre au point du matériel et affiner ma technique. 

13/02/2022 // La reprise de la compétition a été plus compliquée que prévu…

Je suis bien arrivé à Kvitfjell dimanche soir. L’endroit est tout simplement magnifique. L’hôtel se situe directement sur les pistes et il est littéralement possible d’arriver en ski devant la porte de la chambre. Le soleil ne s’élevant que très peu dans le ciel, cela offre de superbes couleurs tout au long de la journée. Aussi, comme le départ est donné à environ 600 m d’altitude et que l’arrivée se situe pratiquement au niveau de la mer, l’organisme est moins mis à contribution malgré la bonne minute et demie de descente. 

Le premier entraînement de descente s’est plutôt bien déroulé. Je n’ai pas ressenti d’appréhension particulière due à mon épaule avant le départ, j’ai eu de bonnes sensations et j’ai pu skier comme je l’avais planifié à la reconnaissance. De plus, après la manche, je n’ai pas spécialement ressenti de douleurs. Les feux étaient donc au vert pour une reprise de la compétition. 

Le jour de la course, j’ai franchement ressenti des papillons dans le ventre à l’idée de reprendre un départ sur une piste très intéressante et préparée à la perfection pour l’occasion. Lorsque j’ai franchi la ligne d’arrivée, j’avais un grand sourire accroché aux oreilles. J’étais satisfait de mon ski et surtout j’ai pris énormément de plaisir. Seulement mon temps n’était pas bon, ce qui m’a vraiment surpris. Le lendemain, rebelote, mes bonnes sensations ne collaient pas à mon classement, qui était tout aussi mauvais. Malgré des analyses vidéo intenses, mes entraîneurs n’ont pas su expliquer pourquoi je perdais autant de temps. Nous avons dû nous rendre à l’évidence : j’avais beau penser être guéri et ne pas ressentir de douleurs, mon épaule m’empêche toujours d’évoluer à mon meilleur niveau. Peut-être que le manque d’entraînement se fait sentir ou peut-être que la confiance n’est pas encore suffisante. Je ne sais pas pourquoi, mais il me faut encore du temps pour pouvoir skier à 200%. Nous avons donc décidé de rentrer en Suisse, d’accorder un peu de repos à mon corps et ensuite d’essayer de reprendre l’entraînement. 

Petit portrait
Arnaud Boisset

Né le 08/05/98, 185 cm, 85 kg

Ski-club: Bagnes

Groupe d'entraînement: WC Elite Speed

Entraîneur: Vitus Lüönd

Ecole: Bachelor of Science in Economics

Meilleures perfs en carrière: 1er du classement du super-G de la Coupe d'Europe 2023 - 3e du classement général de la Coupe d'Europe 2023 - vice-champion suisse de descente - 2 victoires en Coupe d'Europe - 7 podiums en Coupe d'Europe

Classement mondial au 1.09.2023: 27e en super-G / 77e en descente

Objectifs pour la saison 2023/24: terminer dans le top 30 en Coupe du monde