Arnaud Boisset

15/06/2018 // Pas encore la tête au ski!

Je traverse actuellement une belle période. J’en profite pour faire autre chose que du ski, découvrir d’autres sports (canyoning, via ferrata, marche en montagne, etc., voir photos ci-dessous). Ça fait du bien mentalement!

L’école tient une place importante dans mon programme car je suis en pleine période d’examens de maturité (la semaine passée et jusqu’à la semaine prochaine).

La saison s’est terminé mi-avril et j’ai pris des vacances début mai. Je les ai prolongées un peu car je n’étais pas encore dedans mentalement. J’ai été dispensé du camp de condition physique car les entraîneurs ont bien vu que la forme n’était pas encore là. J’ai vu mes amis, je suis resté avec mes parents, ça m’a changé de la saison de ski!

Vendredi, après mes examens, les autres vont déjà reprendre le ski au Stelvio en Italie. Mais moi, Je prends 1 semaine de vacances en camping-car pour me vider la tête de la maturité et je les rejoindrai début juillet.

22/04/2018 // Satisfaits de notre Patrouille!

Nous sommes satisfaits de notre Patrouille

Ce fut une très belle édition de la Patrouille des Glaciers, compte tenu des conditions et de la météo. Il n'en reste pas moins que les marches ne se montent pas toutes seules...

C'était notre 2e patrouille avec Axel Béguelin et Valentin Darbellay. Tous les trois, nous nous connaissons très bien et savions qu'il ne fallait pas partir trop vite pour ne pas risquer de le regretter par la suite. Ce que nous avons habilement géré jusqu'à la Barmaz, qui est plus ou moins à mi-course. Nous avons passé ce point de contrôle en 2h20. Ensuite, j'ai souffert de fortes crampes, ce qui a contraint mes coéquipiers à lever le pied pour que je puisse les suivre. C'était la partie la plus difficile de la course (l'approche de la Rosablanche). Ensuite, il reste le portage de la Rosablanche, avec ses multiples longues et hautes marches. A ce moment précis, même si tu ne sens plus ton corps, qui en arrive même à te détester, tu es tellement poussé par les cris du public que tu arrives au sommet coûte que coûte. C'était tellement sympa de voir mes proches en haut, une réelle motivation. Ensuite, il reste le (petit) col de la Chaux, qui n'est pas si petit que ça après plus de 4 heures d'efforts... Puis la descente sur Verbier (sans doute une des parties où nous pouvons nous montrer les plus rapides grâce à nos qualités de glisse), et finalement le dernier bout franchi au pas de course dans les rues de Verbier. 

Au final, nous sommes satisfaits car nous avons battu notre temps de l'édition précédente. Par ailleurs, nous avons mieux su gérer notre course si bien que nous avons pu mieux savourer et prendre du plaisir tout au long du parcours.

Merci à tout le public présent, aux organisateurs, aux ravitailleurs anonymes, à mes compagnons de patrouille. Merci à toute cette belle dynamique qui nous permet de vivre des émotions dont nous avons moins l'habitude en tant que sportifs individuels.

Place désormais à la récupération et au relâchement, ce qui va nécessiter quelques jours, croyez moi.

Nous sommes satisfaits de notre Patrouille Nous sommes satisfaits de notre Patrouille

12/04/2018 // Une longue saison qui s’achève sans blessure

Retour à Davos

Les championnats suisses élite se déroulaient cette année à Davos, sur le même site que les Mondiaux juniors de début février. Je connaissais donc parfaitement l’endroit, même si les tracés étaient sensiblement différents. Il n’y avait pas beaucoup de neige en cette période de l’année, donc ils ont utilisé d’autres options. Comme j’étais très fatigué mentalement, c’était difficile. Mais j’ai surtout pris du plaisir de me retrouver avec mes amis, c’était très sympa.

Lors de la descente comptant pour les championnats suisses, j’ai effectué une course correcte, sans plus. C’était un peu meilleur lors de la descente FIS, même si la neige était un peu molle à mon goût. Dans l’ensemble, c’était tout à fait acceptable, même si j’étais tout le temps très fatigué physiquement après avoir franchi la ligne d’arrivée. En combiné, la piste est vite devenue molle et j’ai fait ce que j’ai pu. J’ai terminé 7e. Il y avait beaucoup de jeunes devant, ce qui montre qu’il y a une bonne relève en Suisse. Ma manche de slalom n’était certes pas terrible mais c’était trop mou et difficile à skier. Je suis en revanche assez déçu de mon Super-G. Je n’ai jamais trouvé le rythme et j’ai subi un peu tout le long la piste. Après la course, je m’en voulais un peu car j’avais l’impression de ne pas avoir su profiter des conditions.

Petit crochet par Meiringen…

Après une petite pause, je me suis rendu à Meiringen pour les épreuves techniques des championnats suisses. J’ai disputé la 1re manche du slalom plus dans une optique de plaisir car il y avait tous les cadors de la Coupe du monde au départ et du coup, c’était difficile de faire des points. Lors de la 2e, j’ai mis un peu plus d’engagement. C’était sympa, rien d’incroyable mais je me suis fait plaisir, c’était ça le mot d’ordre. Le lendemain, le géant a été annulé en raison du vent. La veille déjà, il soufflait fort. On ne pourra pas rattraper cette course.

… avant de clore la saison à Zinal

Enfin, les deux dernières courses de la saison ont eu lieu à Zinal, en Valais. C’est super car les parents et le public se déplacent, on peut boire un verre après la course... Ça m’a fait quand même un peu drôle car il y avait beaucoup d’athlètes avec lesquels j’ai grandi et que j’ai côtoyés depuis 10 ans. Et là, on est dans une période où certains optent pour une carrière professionnelle à côté. Trois skieurs avec lesquels j’ai tout vécu ont arrêté, c’est assez spécial et chargé d’émotions. Les conditions étaient incroyables, avec une neige de folie! C’est la seule station qui peut offrir ça en ce moment. En plus, c’était très bien organisé. Mes résultats ont un peu souffert de mon état physique, mais ça reste correct. Il y avait un bon niveau devant, avec beaucoup d’étrangers au départ. Je termine quand même la saison sur une bonne note. C’est la première fois que je finis la dernière ligne d’arrivée de la saison sans avoir subi la moindre blessure.

Bilan: j’ai fait très vite beaucoup de résultats, mais un peu moins depuis février. Puis à Davos, j’ai fait quelques points. J’ai aussi gagné la Swiss Cup, c’était un peu la surprise le premier jour à Zinal car je ne poursuivais pas forcément cet objectif. Après la course, j’ai pensé «En fait, je suis devant». C’était sympa de monter une dernière fois sur un podium. Là, je vais penser à autre chose, un peu d’école, la pression retombe. Pour entretenir mon physique, je vais participer à la Patrouille des glaciers, une course d’alpinisme, avec Axel Béguelin. Et après, je vais observer deux semaines complètes de pause, sans travail physique. Il y aura ensuite les sélections pour la saison prochaine (vers le 26 avril).

L’entraînement physique reprendra normalement début mai. Mais je vais peut-être repousser un peu cette date et prendre une ou deux semaines de pause supplémentaires car je suis vraiment fatigué physiquement. Ça dépendra aussi beaucoup des sélections.

03/04/2018 // Quand la tête ne suit plus, les mots d'ordre deviennent plaisir et relâchement.

Quand la tête ne suit plus, les mots d'ordre deviennent plaisir et relâchement.

En action en slalom à Gstaad - Au départ du Super-G de coupe d'Europe de Wengen

Après les Mondiaux juniors, j’ai essayé de prendre le temps de récupérer mais malheureusement, je n’ai jamais retrouvé la fraîcheur physique et psychique. La saison commence à se faire longue, très longue… J’ai enchaîné les voyages et les courses, en France, en Slovénie et en Croatie. Ce furent de belles expériences, j’ai découvert de nouvelles pistes, de nouveaux styles de traçage mais malheureusement, les résultats n’ont pas été à la hauteur de mes attentes. Je pense que j’accuse un peu le coup d’un début de saison très chargé.

Quand la tête ne suit plus, les mots d'ordre deviennent plaisir et relâchement.

Panorama de la vallée de l’Engadine à Saint-Moritz, lors des coupes d’Europe - Une forêt prisonnière de la glace en Slovénie

Comme les Mondiaux juniors sont tombés assez tôt dans la saison, la pression a vite été énorme. A ce jour, j’ai déjà pris le départ de 62 courses et il m’en reste normalement encore 8. Septante courses en une saison, c’est excessivement élevé, j’ai rarement entendu d'autres athlètes en faire autant. Désormais, j’ai atteint les objectifs que je m’étais fixés avec mes entraîneurs et je peux me permettre de prendre plus de risques. C’est aussi ce qui explique que mes manches deviennent moins propres et que je sorte plus souvent qu’avant. Désormais, il reste deux bonnes semaines, je vais penser avant tout à la bonne ambiance de fin de saison, à me faire plaisir et à préparer au mieux la saison prochaine.

27/02/2018 // Interview à Jaun

On peut dire que tu es un «nouveau» en coupe d'Europe surtout en technique. Comment fais-tu pour gérer ce passage délicat entre courses FIS et coupes d'Europe?

C’est effectivement nouveau pour moi et pas forcément facile, mais je gère plutôt bien les changements. Les parcours sont très différents, avec beaucoup plus de variation que dans les courses FIS, ce qui signifie qu’il faut être meilleur tactiquement. Mentalement, c'est un peu plus dur mais il ne faut pas oublier qu'en FIS, je cherche vraiment la performance et j'essaie de jouer les premiers rôles à tout prix: je dois donc prendre plus de risques alors qu’en Coupe d’Europe, je cherche plus à acquérir de l'expérience et du coup, mes manches sont un peu plus réfléchies, surtout en fonction des dossards, qui sont quand même bien plus élevés.

 

La météo assez «horrible» t’a-t-elle beaucoup perturbé? Sachant que certains coureurs perdent toute leur motivation dans ces conditions, est-ce que toi, tu arrives à en profiter?

C’était en effet une météo difficile. Mais elle ne m'a pas dérangé directement, sauf des petits détails comme le fait de devoir enfiler des gants mouillés le matin ou entre les deux manches. J'ai fait le maximum pour ne pas être affecté mentalement. Après, c'est vrai que ça aurait été plus sympa avec le soleil mais à mon avis, cette édition restera quand même dans les annales. La météo fait partie du jeu, on fait un sport d'extérieur et il faut savoir aller vite dans toutes les conditions.

 

Es-tu satisfait de tes deux courses? Et quelle est la suite de ton programme?

Au moment de tirer le bilan de ces deux courses, je dirais que le fait de finir deux fois 37e montre que je suis assez constant… Mes manches étaient compactes, sans grosses fautes, donc ça, c'est positif. Mais il y a encore beaucoup de boulot pour être au niveau des tout meilleurs parce que je perds encore beaucoup de temps. Ça me donne un bon point de repère et il faut être positif car j'étais là pour acquérir de l'expérience. Je pense que l’objectif est atteint et je suis donc satisfait.

Petit portrait
Arnaud Boisset

Né le 08/05/98, 185 cm, 85 kg

Ski-club: Bagnes

Groupe d'entraînement: WC Elite Speed

Entraîneur: Vitus Lüönd

Ecole: Unidistance (Bachelor en Economie et Management)

Meilleures perfs en carrière: 2e du super-G coupe d'Europe de Zinal - 3e de la descente de Coupe d'Europe de Chamonix (1er junior) - 3e du super-G de Coupe d'Europe de Zinal - 5e du super-G coupe d'Europe de Zinal - 5e du super-G des Universiades de Krasnoïarsk (Russie)

Classement mondial au 1.09.2021: 58e en super-G / 87e en descente

Objectifs pour la saison 2021/22: prendre le départ d'une coupe du monde