Arnaud Boisset

13/01/2020 // Je retourne à Wengen !

Je suis satisfait de mes résultats en Coupe d'Europe à Wengen la semaine dernière. Et surtout de ma 7e place lors de la première descente, d'autant que le plateau était relevé. Je n'ai pas perdu trop de temps sur une piste où l'expérience paie alors que j'en ai relativement peu par rapport aux autres coureurs du top 10. Seul bémol: je me suis fait un peu mal au genou en atterrissant après un saut. Rien de grave, mais l'articulation a légèrement tourné. Le soir, le physio m'a dit que les ligaments et le ménisque n'étaient pas touchés, qu'il ne s'agissait que d'une légère blessure au tendon et que les choses n'allaient pas empirer si je skiais le lendemain. Ce qui m'a quand même à moitié rassuré.

Au réveil, le samedi, j'avais encore mal. Après un bon échauffement, comme ça allait plus ou moins, j'ai décidé de prendre le départ de la deuxième descente. Mais mon avant-course n'a pas été simple: j'avais tiré le dossard 11 mais la course a été longtemps stoppée pour permettre à l'hélicoptère d'évacuer le coureur porteur du 6, si je me souviens bien, qui était tombé à la Tête de chien. L'attente a donc été longue et je devais garder mon genou chaud. Sur le parcours, je n'ai pas ressenti de douleur mais à l'analyse vidéo, on voyait clairement que je manquais de confiance pour appuyer à 200% sur mon genou, ce qui explique la demi-seconde perdue en trop pour être vraiment satisfait de moi. Du coup, j'ai terminé au 20e rang.

L'analyse de ma performance n'est pas simple: comme je joue le classement général, difficile de dire si j'ai sauvé 11 points ou perdu gros. Heureusement, l'état de mon genou n'a pas empiré, même si je n'arrivais presque plus à marcher après l'arrivée... Il faut par ailleurs souligner que beaucoup de coureurs sont sortis, et que beaucoup se sont blessés. Lors de ces deux journées, l'hélicoptère a dû intervenir six fois, pour des ligaments croisés, des vertèbres cassées. On volait en effet très haut sur les sauts, j'espère qu'ils seront un peu rabotés pour le week-end prochain afin de ne pas mettre les coureurs en danger.

Vous le savez certainement déjà, je figure désormais dans la sélection de Swiss-Ski pour la descente de Coupe du monde. Mais comme nous sommes plusieurs à avoir plus ou moins le même niveau, on va procéder à une sélection interne, qui devrait concerner Ralph Weber, Stephan Rogentin, Lars Rösti, peut-être Marco Kohler et moi-même. Si nous ne connaissons pas encore les critères, la décision sera prise jeudi à l'issue du 2e entraînement. On verra bien ce qui se passe: tant mieux si je peux participer à ma première Coupe du monde mais je n'en ferai pas un drame si je ne suis pas retenu. Mon objectif de la saison reste quand même la Coupe d'Europe, et ces entraînements vont quoi qu'il advienne me permettre d'accumuler de l'expérience.

Reste que je me réjouis beaucoup de retourner à Wengen. Mais cette fois, il va falloir gérer la longueur de la course: d'une minute trente en Coupe d'Europe, on va passer à deux minutes quarante en Coupe du monde. Je suis curieux de voir ce que je vais être capable de faire sur le parcours plus long...

07/01/2020 // De retour aux affaires

Après un repos bienvenu en famille, j'ai eu deux jours d'entraînement à Pfelders, puis j'ai passé mes examens universitaires lundi.

Aujourd'hui, j'ai pris la direction de Wengen. Dans la foulée des entraînements, demain et après-demain, auront lieu vendredi et samedi les deux premières descentes de Coupe d'Europe de la saison. Je me réjouis de retrouver la compétition, qui plus est sur une piste que j'apprécie !

27/12/2019 // Génial, ce voyage au Canada!

Le voyage que je viens de faire avec Tanguy Nef, Benoît Fumeaux, Nicola Niemeyer et Yannick Dobler, avec le soutien du SAS, a vraiment été extraordinaire. C’était ma première fois au Canada; les forêts y sont gigantesques, les montagnes magnifiques, j’ai presque envie de dire que ça ressemble à la Suisse mais en dix fois plus grand… J’ai aussi beaucoup apprécié l’ambiance dans laquelle baignaient les courses, avec peut-être un peu plus de fair-play et un peu moins de frustration qu’en Europe. Il faut dire que 80% des participants font des études universitaires; le ski est donc pour eux une activité annexe, ce qui change de chez nous. C’est un aspect que j’ai vraiment bien aimé. Par ailleurs, les filles couraient aussi avec nous, ce qui contribuait encore à renforcer l’ambiance et le public.

Tout d’abord, nous sommes allés à Nakiska pour disputer des épreuves Nor-Am. La série a débuté par un combiné. La manche de super-G a été très compliquée: il n’est en effet pas simple de courir dans une station que vous ne connaissez pas, sur une nouvelle piste, avec des skis trouvés sur place donc qui ne vous appartiennent pas et que vous chaussez pour la première fois. Par ailleurs, la discipline est complexe car ce n’est vraiment pas évident de lire les mouvements de terrain lors de la reconnaissance, d’autant plus lorsque l’on skie la piste pour la première fois. Pour vous donner un exemple, après avoir lissé et regardé les premiers passages, Benoit m’a remonté l’info de faire attention après le saut. Or je n’avais même pas remarqué que cela allait sauter… J’ai donc commis des erreurs et manqué de confiance. Ayant fini 30e de la manche, j’ai pu être le premier à m’élancer lors du slalom, où j’ai réussi un super chrono, le 2e, ce qui m’a permis de remonter à la 14e place du classement final.

Le lendemain, le premier géant prévu a dû être annulé à cause du vent. Au programme du surlendemain, il y avait un autre géant. Ma course a été correcte: 42e de la première manche avec le dossard 68 et 28e au classement final. Les deux jours qui ont suivi, les conditions étaient vraiment compliquées, il avait beaucoup neigé et la piste était démontée; conséquence logique d’un dossard élevé et d’un manque d’entraînement, je suis sorti dans les deux slaloms.

Ensuite, nous avons pris la direction de Panorama, pour un slalom et un géant FIS. La première épreuve a été annulée en raison du danger d’avalanche. Les locaux ont même dit n’avoir jamais vu ça en trente ans! Quant au géant, il s’est assez bien déroulé. En première manche, j’ai eu de la peine à me mettre dans le rythme, je ne me sentais pas bien sur les skis. J’ai fini 12e à 1.95 de Tanguy, ce qui est un peu beaucoup. Comme les autres ne semblaient pas avoir éprouvé les mêmes difficultés que moi, j’ai fini par examiner mes skis: en fait, j’avais pris un caillou sur toute la carre, peut-être à Nakiska déjà, ou alors à l’échauffement, ce qui m’empêchait d’avoir du grip. Un peu comme lorsque l’on skie sur des skis non préparés. Je suis donc rapidement retourné à l’hôtel pour tout retirer à la lime et au diamant. N’ayant rien à perdre, je me suis élancé dans la seconde manche en me livrant à fond, ce qui m’a permis de réaliser un super temps, à 5 centièmes du chrono de Tanguy, et de remonter à la 6e place. Si seulement j’avais pu aligner deux manches de ce calibre…

Après une semaine aussi chargée que passionnante, nous avons pris l’avion du retour le 24 pour fêter Noël en famille. Quant à la suite, je ne sais pas encore quel sera mon programme ces prochains jours, en raison de toutes les annulations qu’il y a eu en Coupe d’Europe ces derniers temps.

13/12/2019 // Après un bon début de saison, place à une nouvelle expérience de vie!

En début de semaine, nous étions à Santa Caterina, en Italie, pour y disputer deux épreuves comptant pour la Coupe d’Europe. Lors de la première, un combiné, tout avait bien commencé: j’avais le dossard 2 et je réalisais le 2e chrono au dernier temps intermédiaire quand je suis sorti à trois portes de l’arrivée… Dommage, mon ski était en place, mais c’était la deuxième fois consécutive que je sortais en super-G. Pas top pour la confiance !

Le lendemain, la course n’était à mon avis pas très régulière, à cause du vent qui soufflait fort. Personnellement, je l’ai ressenti mais je ne sais pas si les autres en ont souffert, ni dans quelle mesure. Au final, je me suis classé 31e, hors des points... C’est vraiment rageant de ne pas avoir pu profiter de ma bonne forme du moment.

Hier, nous étions à Zinal pour deux super-G. Il avait pas mal neigé pendant la nuit mais les organisateurs avaient accompli un super boulot, et la neige était top. Pour la première épreuve, je me suis élancé avec un dossard élevé, le 39, étant donné que je n’avais pas marqué de points à Santa Caterina. J’ai vraiment tout donné, et j’ai pris tous les risques. Et ça a payé puisque j’ai terminé 3e. Génial !

Pour la 2e épreuve, grâce à mes bons points du matin, on m’a attribué le dossard 12. Là encore, j’ai réalisé une bonne course, un peu à l’image de la première, et j’ai réussi le 7e temps. C’est un double résultat qui me satisfait vraiment, d’autant plus que le plateau était très relevé, avec la présence de tous les skieurs de retour des Etats-Unis. Ça fait plaisir de constater que, lorsque les Suisses de Coupe du monde courent avec nous, nous ne sommes pas à l’ouest et qu’il y a match. C’est un point vraiment très positif.

Maintenant je vais mettre le cap sur le Canada ! Comme la Coupe d’Europe ne reprendra pour moi que le 11 janvier à Wengen, j’avais un mois de libre. Avec quatre autres skieurs, à savoir Tanguy Nef, Benoît Fumeaux, Nicola Niemeyer et Yannick Dobler, nous avons en effet décidé de partir samedi pour le Canada, dans l’objectif de disputer des épreuves techniques Nor-Am, donc slalom et géant. Pour ce qui me concerne, j’y vais non pas pour chasser les points mais plus dans l’idée de vivre une nouvelle expérience. Ce voyage est organisé en dehors de la structure Swiss-Ski puisque nous sommes en fait soutenus par le Ski-club Académique Suisse, qui regroupe les skieurs universitaires de Suisse. Ils ont vraiment aimé notre projet quand on le leur a présenté et ont décidé de nous aider financièrement, du moins en partie. Je suis impatient de monter dans l’avion, ce sera mon premier séjour au Canada.

Ensuite, je vais rentrer à la maison pour Noël, prendre un peu de repos. Car il va falloir enchaîner les épreuves en janvier. Maintenant que j’ai déjà réussi un podium cette saison, il va falloir être présent dans les épreuves de vitesse, le but étant de jouer les tout premiers rôles en descente.

25/11/2019 // Un début de saison chamboulé

Fin octobre, nous avons abandonné notre programme d’entraînement sur les glaciers suisses pour nous rendre à Pitztal, en Autriche, puis à Diavolezza, et enfin à Zinal. Si les conditions étaient bonnes, voire parfaites, les pistes n’étaient malheureusement pas assez longues ni assez sûres pour de la vitesse. Personnellement, cela ne m’a pas vraiment dérangé car j’estimais que nous n’avions pas fait assez de technique. Du coup, j’étais content de remettre les skis de slalom et de géant. Mais nos entraîneurs, eux, n’étaient pas franchement satisfaits…

Ma saison devait débuter par des super-G à Tignes mais ces épreuves ont été annulées en raison d’importantes chutes de neige. Si bien que je me suis retrouvé un peu désoeuvré pendant une semaine. Dans ces conditions, pourquoi ne pas participer aux slaloms FIS de Diavolezza ? Certes, j’avais eu en tout et pour tout cinq jours d’entraînement en slalom cet été, mais plutôt que de rester à la maison en rongeant mon frein, j’ai préféré me replonger dans le bain de la compétition. Bon, les résultats ont été plutôt décevants, pas à la hauteur des qualités que j’avais démontrées par le passé dans la discipline: le premier jour, je suis sorti en 1e manche ; le lendemain, j’étais à l’arrivée mais sans fournir un ski excellent. Il faut néanmoins préciser que la piste était très dure à skier. Les organisateurs ont dû gratter jusqu’à la couche de glace du glacier, c’était une vraie patinoire. Au final, je n’ai aucun regret, toutes les expériences sont en effet bonnes à prendre.

La semaine dernière, lundi et mardi, nous nous sommes entraînés à Zinal avant d’y disputer deux géants FIS. J’étais satisfait de mon niveau technique, cela faisait même un certain temps que je n’avais plus aussi bien skié en géant. Seul bémol : je n’allais pas très vite, ce qui ne m’a toutefois pas trop inquiété car j’ai plutôt tendance à attendre la course pour livrer. Le premier jour, j’ai bien skié mais j’ai perdu énormément de temps (2,25 secondes) sur Josua Mettler, un coéquipier avec lequel je m’entraîne depuis 4 ans, et c’est plutôt inhabituel que j’en perde autant sur lui. Même chose en seconde manche : j’étais content de mon ski, mais pas de mon chrono. Le soir, j’ai longuement analysé ma course à la vidéo. Mes entraîneurs sont restés globalement sans explication, ils ne trouvaient de concret et ont fini par mettre la faute sur le matériel. Moi, je déteste ce genre d’excuses mais il faut savoir que je suis au top sur le plan de la condition physique - les tests de la fin octobre l’ont bien prouvé - et que tout avait bien fonctionné sur le plan technique comme au niveau mental. N’ayant rien à perdre, nous avons procédé à un léger ajustement au niveau des chaussures : un petit millimètre, pas grand-chose, ça équivaut à un degré et demi sur la neige.

Le lendemain, j’ai à nouveau livré du bon ski, et je n’étais plus qu’à 86 centièmes de la première place ! Un sacré bond en avant si l’on pense que je n’ai rien changé du tout au niveau du ski et de la prise de risque... C’est juste ce petit réglage qui a fait la différence. La seconde manche s’est déroulée un peu comme la première bien que j’aie perdu un peu plus de temps. Reste que j’étais très satisfait d’avoir trouvé une solution à mon « problème » de la veille.

Conclusion : on avance dans la bonne direction, mais il reste du travail à faire. S’il faut retenir un point positif de ces premières courses, ce sont les bonnes performances de mes coéquipiers. Même si nous appartenons au groupe de vitesse, Marco Kohler, Yannick Chabloz et Josua Mettler ont enregistré de très bons résultats en géant, ce qui prouve qu’il est possible de rester compétitif tout en investissant beaucoup en descente et en super-G.

Ce vendredi, nous avions un petit entraînement de super-G - un mois que je n’avais pas remis ces skis. Tout s’est bien passé, les sensations sont là en vitesse et les résultats devraient suivre. A mon programme, j’ai donc demain et mercredi les courses FIS de Zinal, puis à partir de vendredi les descentes et super-G FIS de Val Gardena. Quant à mes prochains gros objectifs, ce sont les Coupes d’Europe de Santa Catarina les 9 et 10 décembre, puis les deux super-G de Zinal les 12 et 13 décembre, toujours pour le compte de la Coupe d’Europe. Autrement dit, on va bientôt entrer dans le vif du sujet !

Petit portrait
Arnaud Boisset

Né le 08/05/98, 185 cm, 85 kg

Ski-club: Bagnes

Groupe d'entraînement: Coupe d'Europe vitesse

Entraîneur: Franz Heinzer

Ecole: Unidistance (Bachelor en Economie et Management)

Meilleures perfs en carrière: 3e de la descente de Coupe d'Europe de Chamonix (1er junior) - 3e du super-G de Coupe d'Europe de Zinal - 5e du super-G des Universiades de Krasnoïarsk (Russie) - 7e du super-G des championnats du monde juniors de Pozza di Fassa

Classement mondial au 1.09.2020: 55e en super-G / 99e en descente

Objectifs pour la saison 2020/21: décrocher une place fixe en Coupe du monde pour la saison 2021/22