Arnaud Boisset

23/07/2023 // Un été lancé sur de bonnes bases

Après les finales de Coupe d’Europe, c’était génial de revenir à la maison pour participer aux championnats suisses. Mais ce n’est pas sur mon premier podium national en élite – je suis vice-champion suisse de descente – que j’ai mis un terme à la saison dernière : j'ai en effet enchaîné sur deux semaines d’entraînement et de test de matériel, à Serre Chevalier et à St-Moritz. Et par la suite, j’ai encore suivi une formation en vue d'obtenir le brevet fédéral de prof de ski, où on a skié à Zermatt en gros du 15 au 30 avril.

La préparation physique a repris très vite, le 10 mai. Nous sommes partis à Majorque avec Swiss-Ski pour une semaine de vélo assez intensive. L’objectif était de revenir rapidement sur la neige afin d’anticiper une éventuelle canicule au mois d’août. Résultat, nous avons eu beaucoup moins de temps pour nous préparer physiquement. Il nous a en fait manqué un bon mois par rapport à d’habitude. Cette phase de condition physique a donc été assez intense, plus intense que les autres années. À cela s’ajoute le fait que nous avons changé d’entraîneur, et que nous avons par conséquent eu droit à un nouveau programme. Je suis très satisfait mais franchement, c’était dur.

Le 10 juillet, nous sommes donc montés à Zermatt. Dire que 24 heures plus tôt, j’étais encore au bord de la mer… Vous le savez, je ne suis pas très fan du ski d’été mais c’est une étape incontournable. La météo n’a pas été de notre côté, nous n’avons pu skier qu’un jour sur deux, en raison une fois du vent, une autre des orages, ou encore de la chaleur. Le premier camp est toujours compliqué, il faut se réhabituer aux chaussures de ski et aux douleurs qui s’ensuivent ; cette année, il m’a de plus fallu m’adapter à mon nouveau groupe d’entraînement. Plusieurs éléments ont également changé dans mon matériel, dans l’optique de la Coupe du monde. Certes, je reste sur Salomon mais mon serviceman est désormais un employé de la marque, qui ne s’occupe que de moi ; c’est vraiment une prestation exceptionnelle de la part de Salomon.

Autant dire qu’il y a eu pas mal de détails à mettre en place. Globalement, tout s’est toutefois bien passé même si les conditions n’ont pas été très bonnes ; du reste, je ne suis toujours pas convaincu par le ski en juillet. Je pense qu’il faudrait remettre en question cette approche, le glacier n’était d’ailleurs pas très beau à voir. Il vaudrait mieux à mon sens reprendre plus tard, fin août début septembre. Reste qu’en dépit des circonstances, j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à skier. Maintenant, j’ai devant moi un bon mois de condition physique avant de remonter sur les skis. Ce devrait être le 20 août, toujours à Zermatt.

25/04/2023 // La RTS m'a consacré un reportage dans le 19:30

.

TRALALA

 

© RTS Radio Télévision Suisse

24/03/2023 // Une saison exceptionnelle pour les Suisses

Je ne connais pas les classements de Coupe d’Europe de ces 20 dernières années mais je crois bien qu’on n’avait jamais vu ça.

À l’issue de cette saison, les Suisses occupent en effet

  • les deux premières places de la descente,
  • les deux premières places du super-G,
  • les trois premières places du géant,
  • les trois premières places du général
  • et la première place de la Coupe des nations,
  • même si en slalom, Tanguy a malheureusement échoué au 4e rang.

Ce qui est particulièrement beau, c’est qu’en géant et en vitesse, nous sommes tous de la même génération, nés en 97-98, à part Franjo qui est un peu plus jeune. Mettler, Fischbacher, Kohler et moi avons été sélectionnés ensemble à Swiss-Ski ; puis nous sommes entrés ensemble dans le cadre C, où avons passé trois ans ; et maintenant, même si nos chemins se sont parfois un peu séparés, nous nous retrouvons ensemble sur le podium en Coupe d’Europe. C’est génial !

D’ailleurs, le podium du classement général revêt pour moi une grande signification : il y a en effet tellement de slalomeurs et de géantistes qui sont de super athlètes mais qui ont finalement marqué moins de points que nous.

À mon avis, le mérite de notre réussite revient pour une large part à Franz Heinzer, l’entraîneur de la vitesse. Alors qu’il a plus de 60 ans, il s’engage toujours à 200%, et affiche une passion de folie. Tous les athlètes s’accordent d’ailleurs pour dire qu’il est pour beaucoup dans leurs résultats. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait été chargé de prendre soin du trophée de la Coupe des nations.

24/03/2023 // J’ai atteint même mes objectifs les plus fous !

Les finales de la Coupe d’Europe à Narvik ont commencé par la descente. J’ai terminé 7e, à moins de quatre dixièmes du vainqueur. Après avoir perdu beaucoup de temps en haut, j’ai réussi à faire jeu égal avec les meilleurs sur le reste du tracé. Un résultat somme toute très positif, le meilleur de ma saison en descente.

Ensuite, place au super-G. J’étais certes leader du classement, mais je voulais vraiment jouer la gagne. Mon avance n’étant pas énorme, il fallait battre Gilles et l’Italien Schieder. Comme je pouvais choisir mon dossard, j’ai opté pour le 7, celui qui m’avait porté chance lors de ma victoire à Garmisch.

Le premier à s’élancer a été Christophe Torrent. Grâce au live streaming, j’ai pu regarder sa manche ; j’ai remarqué qu’il avait pris des lignes plutôt rondes et qu’il était un peu en retard sur certaines sections. J’ai alors modifié mon plan initial - à savoir skier plus direct. Il faut aussi avouer que j’étais très nerveux au départ, je ne voulais pas me faire devancer par d’autres athlètes qui étaient également très en forme.

Les vingt premières secondes de course ne se sont pas bien déroulées : j’ai perdu beaucoup de temps, près de 50 centièmes sur le plus rapide. Ensuite, j’ai pu risquer beaucoup plus dans le mur, en sortir avec énormément de vitesse et emmener cette vitesse sur le plat final ; j’ai d’ailleurs les meilleurs temps sur la seconde partie de course.

En voyant du vert après la ligne d’arrivée, j’ai compris que c’était bon pour le podium. A l’arrivée de Gilles, qui avait trois dixièmes d’avance au dernier intermédiaire et qui a finalement terminé à égalité avec moi, j’ai compris que c’était bon pour le classement du super-G.

Remporter le classement d’une discipline, cela signifie que l’on a été le plus régulier, le plus performant pendant tout un hiver. La saison 2022/23, j’ai été le meilleur super-géantiste de la Coupe d’Europe. C’est un résultat que l’on ne m’enlèvera jamais.

Restait un dernier point, que je n’avais même pas imaginé dans mes rêves les plus fous : le podium du général de la Coupe d’Europe. Pour y parvenir, il me fallait finir 2e. Or l’épreuve était relativement courte et nous avions conscience Gilles et moi de ne pas avoir réalisé une manche parfaite. Je suis donc resté très tendu jusqu’à la fin de la course. Finalement, c’est absolument fou de décrocher aussi ce podium, alors que je devais n’être que 10e au début de la semaine. Tout ce que je voulais en fait, c’était dépasser la marque des 450 points au général, ce qui permet de s’aligner dans toutes les disciplines la saison suivante avec le dossard 16.

Là, je vais monter à Verbier afin de participer aux championnats suisses qui débutent ce week-end. J’espère simplement que les courses auront bien lieu, malgré la météo maussade. Tous les Suisses ou presque qui ont marqué la saison seront présents. J’encourage donc tous les passionnés de ski à venir en nombre pour leur témoigner leur soutien : ils pourront les voir en situation de course, mais aussi en dehors...

17/02/2023 // J’ai déjà la saison prochaine en point de mire…

Tout s’est déroulé à la perfection à Garmisch-Partenkirchen ; j’étais pleinement satisfait d’en repartir avec un deuxième rang et une victoire. Mon ski était vraiment en place et j’ai bien tiré parti du fait que nous avions pu nous entraîner sur la piste de course la semaine précédente. Autre motif de satisfaction, la pression liée au classement général ne m’a pas fait perdre mes moyens, erreur que j’avais déjà commise lorsque j’étais plus jeune.

Aujourd’hui, ma place en Coupe du monde est quasiment assurée pour la saison prochaine. C’est un objectif que je refusais jusqu’ici d’aborder ouvertement ; il est toujours resté dans un coin de ma tête mais je ne voulais pas que ça devienne une fixation. Lorsque l’on est Suisse et que l’on rêve de skier au plus haut niveau en super-G, il n’y a qu’un seul moyen : terminer dans les trois premiers de la Coupe d’Europe. À titre d’exemple, pour illustrer combien il est difficile d’y parvenir, je ne pourrais actuellement pas être sélectionné pour la prochaine épreuve à Aspen, malgré mes trois podiums et ma victoire cet hiver, puisque huit skieurs suisses sont tout simplement meilleurs que moi. C’est un fait, il faut juste l’accepter - et chercher une autre voie.

Il est bien clair que j’entends rester fidèle à mes principes, et par conséquent que je vais tout donner dans le dernier super-G qui se courra à Narvik dans le cadre des finales de Coupe d’Europe. Mais je vais désormais accorder une large place à la préparation de la saison prochaine. Je souhaite notamment consacrer beaucoup de temps à la descente : il y a quelques détails qu’il me faut améliorer car je ne suis pas vraiment satisfait de mon ski. En effet, puisque je devrais être de tous les déplacements de Coupe du monde en super-G l’hiver prochain et que ces épreuves sont souvent couplées avec des descentes, je vais certainement avoir la possibilité de participer parallèlement à de nombreux entraînements de descente. Cela pourrait me donner l’opportunité de prendre - pourquoi pas ? - des départs dans une deuxième discipline…

Petit portrait
Arnaud Boisset

Né le 08/05/98, 185 cm, 85 kg

Ski-club: Bagnes

Groupe d'entraînement: WC Elite Speed

Entraîneur: Vitus Lüönd

Ecole: Bachelor of Science in Economics

Meilleures perfs en carrière: 1er du classement du super-G de la Coupe d'Europe 2023 - 3e du classement général de la Coupe d'Europe 2023 - vice-champion suisse de descente - 2 victoires en Coupe d'Europe - 7 podiums en Coupe d'Europe

Classement mondial au 1.09.2023: 27e en super-G / 77e en descente

Objectifs pour la saison 2023/24: terminer dans le top 30 en Coupe du monde