Arnaud Boisset

14/10/2021 // La préparation sur glacier touche à sa fin

Entre la mi-août et la mi-septembre, nous avons dû enchaîner 16 ou 17 journées de ski vraiment top au niveau des conditions de neige et de la météo. Sans parler de l’encadrement très professionnel dont je bénéficie dans mon nouveau groupe d’entraînement. L’arrivée de la neige en haute altitude vers le milieu du mois ne nous a toutefois pas aidés, les revêtements devenant beaucoup trop mous. Maintenant, cette phase de préparation touche à sa fin ; je suis encore à Zermatt mais dimanche ou lundi devrait être mon dernier jour sur glacier cette année.

Cette semaine, nous nous entraînons avec le groupe Coupe du monde 1, donc avec Beat Feuz, Mauro Caviezel et Carlo Janka pour ne citer qu’eux. L’idée est de procéder à des confrontations afin de déterminer les plus rapides en vue des sélections pour les premières courses, celles de Lake Louise pour ce qui me concerne. Mais mieux vaut ne pas trop s’avancer car à ce niveau-là, ils sont nombreux à skier vite…

Encore une chose : n’hésitez pas à passer sur mon nouveau site Internet, www.arnaudboisset.com, il est désormais en trois langues et propose de nouvelles photos et de nouveaux contenus.

23/08/2021 // Retour sur la neige - ou plutôt sur la glace...

4 mois après mon dernier jour d'entraînement, j'ai retrouvé la neige (ou devrais-je dire la glace) dans une halle de ski en Belgique! Eh oui! Ce n'est pas un gag: malgré les possibilités d'entraînement idéales sur les glaciers de Zermatt et de Saas-Fee, nous avons décidé de parcourir plus de 800 km pour nous enfermer dans un frigo géant. Quand l'entraîneur m'a annoncé le programme, j'avoue que je n'étais pas vraiment convaincu. En effet, mes dernières expériences dans des halles de ski n'avaient pas été très concluantes. Cependant, comme seuls les c*** ne changent pas d'avis, je me suis dit qu'on pouvait essayer à nouveau.

Arrivés là-bas, une infrastructure de presque 400 m de long, montée sur des échafaudages, nous faisait face. A l'intérieur, ce n'est pas à de la neige qu'on a affaire mais carrément à de la glace. C'est bien simple, ce n'était à mes yeux rien d'autre qu'une patinoire, mais en pente. De plus, vu la largeur et la longueur restreintes, il était seulement possible de skier en slalom, ce qui n'est pas vraiment la discipline que je pratique le plus...

Après les 2 premières heures de ski, je me suis vraiment demandé ce que je faisais là. Mes sensations étaient mauvaises, je n'arrivais pas à tourner, le matériel ne fonctionnait pas bien, bref... une catastrophe. Le jour suivant, j'ai enfin pu enchaîner 3 virages sans déraper. Et lors du dernier jour, j'ai pu skier relâché, les sensations étant revenues. En prenant du recul, j'ai compris que la démarche de nous faire skier en halle était plus réfléchie que ce qu'elle en avait l'air. Premièrement, il s'agissait d'innover dans les méthodes d'entraînement; les entraîneurs ont ainsi proposé autre chose que la routine Saas-Fee - Zermatt. Je n'ai rien contre l'innovation, bien au contraire, je pense même que la remise en question perpétuelle est une clé du succès. Deuxièmement, nous sommes clairement sortis de notre zone de confort, d'une part à cause de la glace que nous ne rencontrons que rarement dans nos saisons habituelles et d'autre part du fait de s'entraîner en slalom avec un groupe de vitesse. Ainsi, je pense que le focus n'était pas mis forcément sur le physique ou la technique mais plutôt sur l'approche psychologique; et ça, c'est très intéressant.

Ensuite, nous avons voyagé en direction de Zermatt où nous avons érigé notre camp de base pour les 3 prochaines semaines. En effet, nous disposons d'appartements pour être flexibles en fonction de la météo. Le plan initial est de faire 5 jours de ski, puis 3 jours de pause. J'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver la vraie neige même si l'effort à 3700 m n'est pas le même qu'à 60 m, l'altitude de la halle...

12/04/2021 // J’ai déjà la saison prochaine en point de mire…

A mes yeux, le bilan de ma saison 2020/21 est bon. Il ne faut pas oublier que je revenais de blessure. Je suis donc plus que satisfait d’avoir rapidement retrouvé le niveau d’avant, voire un peu mieux. Dès décembre, tout allait en effet très bien, ce qui m’a permis de construire sur cette base positive. En super-G, j’avais beaucoup de vitesse même si j’ai parfois pris un petit peu trop de risques; il y a eu pas mal de déchet, je suis notamment sorti trois ou quatre fois en Coupe d’Europe. En descente, il m’a manqué des kilomètres à l’entraînement, jusqu’à mi-janvier; ensuite, ça s’est mieux passé. Au final, j’ai amélioré mes classements mondiaux en descente, en super-G et même en géant. Je suis d’ailleurs vraiment content d’avoir pu refaire un peu plus de géant.

La seule petite alerte physique est survenue lors de la dernière course importante, les finales de Coupe d’Europe à Saalbach. Mais mon genou va désormais très bien, je peux reskier à fond. Autrement dit, je serai vraiment prêt pour les premiers camps d’entraînement de cet été. Par ailleurs, j’ai confirmé mon statut de cadre B, et je pense avoir progressé au sein du groupe. Là, je lorgne vraiment sur la Coupe du monde.

Comme c’est toujours le cas, il me reste évidemment plein de petits détails techniques à travailler. Toutefois, mon but premier pour l’avenir est d’accumuler de l’expérience sur les pistes de Coupe du monde. Mais si l'on veut bénéficier de ce type d’opportunités, il faut faire preuve de patience.

En ce qui concerne la constitution des groupes d’entraînement pour la saison prochaine, la décision va vraisemblablement tomber fin avril mais il ne devrait pas y avoir trop de surprises puisque cela fait longtemps que notre groupe n’avait pas enregistré d’aussi bons résultats. Je peux donc imaginer que nous allons poursuivre sur cette voie, avec Alexis, Yannick et Josua.

Dans l’immédiat, je vais profiter de prendre un peu de temps pour moi, pour faire du ski de randonnée et pour pratiquer des disciplines qui me font plaisir. Notre programme prévoit certes une petite pause mais de mon côté, je vais continuer de faire du sport car j’en ai besoin pour me sentir bien. Quant à l’entraînement proprement dit, la reprise est fixée au 10 mai.

17/03/2021 // Pas tout à fait la fin de saison prévue…

La semaine que j’ai passée à Saalbach pour tenter de me qualifier pour les épreuves de Coupe du monde a été riche d’enseignements, même si je n’ai pas réussi à décrocher de qualification. Si la piste était géniale, cela faisait longtemps que je n’avais plus couru de descente de plus de 1’50. Ça représente une quarantaine de secondes de plus qu’en Coupe d’Europe, et on le sent bien dans les jambes…

Je ne suis pas mécontent du ski que j’ai pu produire lors de la qualification mais les « vieux » - comme je les appelle car ils ont 4 ou 5 ans de plus que moi - Gilles Roulin, Nils Mani et Stefan Rogentin étaient clairement plus forts et plus rapides, et c’est de manière totalement justifiée qu’ils ont décroché leur ticket.

Ensuite, je suis resté en Autriche afin de profiter des superbes conditions pour m’entraîner en vue des deux dernières épreuves de vitesse comptant pour la Coupe d’Europe. La descente devait se disputer sur la piste de la Coupe du monde, en conservant le même tracé mais avec un départ abaissé d’une quinzaine de secondes. Enfin une vraie descente, se rapprochant de ce qui se fait en Coupe du monde. Malheureusement, la météo n’était pas de notre côté, l’épreuve a finalement dû être annulée.

Restait le super-G, lui aussi une belle course, s’inspirant du parcours de Coupe du monde même si son tracé n’était pas exactement le même. Pour moi, la donne était très claire : si le voulais garder l’espoir de décrocher une place fixe en Coupe du monde la saison prochaine, je devais courir pour la gagne. Je me suis donc élancé le couteau entre les dents, mais je suis tombé sur le haut du parcours comme vous pouvez le voir dans la vidéo. Mon genou me faisant un peu mal, j’ai préféré rentrer directement en Suisse afin de passer quelques contrôles médicaux plutôt que d’enchaîner sur les géants FIS qui étaient au programme. Suite à ces contrôles, qui n’ont rien détecté de grave, le médecin m’a prescrit surtout du repos et un peu de physio. Il est donc très peu probable que je participe aux Championnats suisses la semaine prochaine…

TRALALA

26/02/2021 // Ma prochaine destination ? L’Autriche et - j’espère - la Coupe du monde…

La semaine que j’ai consacrée au géant aux Gets et à Anzère s’est relativement bien déroulée. Surtout en ce qui concerne le plaisir de reskier dans cette discipline et de reprendre un peu les bases techniques car au niveau des performances, forcément, cela n’a pas été exceptionnel. Pas étonnant au vu du peu d’entraînement, même si je crois toutefois que mon niveau actuel est bon. Quoi qu’il en soit, ce petit rappel technique n’aura pas fait de mal avant de revenir à la vitesse.

Ensuite, j’ai passé deux semaines à Sella Nevea. La première pour disputer deux descentes FIS en guise de préparation à la Coupe d’Europe de la semaine suivante puisqu’elles se couraient sur la même piste. Malheureusement, les conditions étaient très mauvaises sur le haut si bien que les courses FIS se sont déroulées en deux manches. Une configuration qui n’est pas franchement à mon avantage puisque je ne suis généralement pas très rapide au départ. Alors deux départs dans la même course, c’est trop pour moi…

Les épreuves de Coupe d’Europe ont bénéficié d’un plateau très relevé : beaucoup de skieurs de Coupe du monde étaient en effet présents car les non-sélectionnés pour Cortina avaient ainsi le moyen de combler un trou dans leur programme. Lors de la première descente, je me suis classé 10e à 58 centièmes ; à mes yeux, j’ai livré une prestation très solide, j’ai skié à mon niveau, sans commettre d’erreur et en gérant la prise de risque. Au final, je suis 2e Suisse. Lors de la deuxième descente, je me suis classé 15e en perdant 3 dixièmes de plus et finissant 3e Suisse. Certes, j’étais plus loin que la veille mais si je ne regarde que ma performance, j’en suis satisfait car j’ai réalisé des manches constantes et rapides.

Suite à ces résultats, j’ai été sélectionné pour participer aux entraînements en vue des épreuves de Coupe du monde qui auront lieu à Saalbach la semaine prochaine. Je serai du reste en compagnie de Yannick Chabloz, qui a réussi à Sella Nevea un peu les mêmes prestations que moi. Nous devrions donc être six en qualification en vue des courses, vraisemblablement les mêmes qu’à Garmisch, à savoir Stefan Rogentin, Nils Mani, Gilles Roulin, Lars Rösti, Yannick et moi, afin de décrocher les 2 ou 3 places à disposition, selon la présence ou l’absence de Mauro Caviezel.

Il faudra donc skier vite à l’entraînement pour avoir une chance de prendre un départ. Mais comme il y aura trois courses (2 descentes et 1 super-G), les opportunités devraient être plus importantes qu’à Garmisch, où une seule épreuve était au programme.

Petit portrait
Arnaud Boisset

Né le 08/05/98, 185 cm, 85 kg

Ski-club: Bagnes

Groupe d'entraînement: WC Elite Speed

Entraîneur: Vitus Lüönd

Ecole: Unidistance (Bachelor en Economie et Management)

Meilleures perfs en carrière: 2e du super-G coupe d'Europe de Zinal - 3e de la descente de Coupe d'Europe de Chamonix (1er junior) - 3e du super-G de Coupe d'Europe de Zinal - 5e du super-G coupe d'Europe de Zinal - 5e du super-G des Universiades de Krasnoïarsk (Russie)

Classement mondial au 1.09.2021: 58e en super-G / 87e en descente

Objectifs pour la saison 2021/22: prendre le départ d'une coupe du monde