Arnaud Boisset

26/02/2021 // Ma prochaine destination ? L’Autriche et - j’espère - la Coupe du monde…

La semaine que j’ai consacrée au géant aux Gets et à Anzère s’est relativement bien déroulée. Surtout en ce qui concerne le plaisir de reskier dans cette discipline et de reprendre un peu les bases techniques car au niveau des performances, forcément, cela n’a pas été exceptionnel. Pas étonnant au vu du peu d’entraînement, même si je crois toutefois que mon niveau actuel est bon. Quoi qu’il en soit, ce petit rappel technique n’aura pas fait de mal avant de revenir à la vitesse.

Ensuite, j’ai passé deux semaines à Sella Nevea. La première pour disputer deux descentes FIS en guise de préparation à la Coupe d’Europe de la semaine suivante puisqu’elles se couraient sur la même piste. Malheureusement, les conditions étaient très mauvaises sur le haut si bien que les courses FIS se sont déroulées en deux manches. Une configuration qui n’est pas franchement à mon avantage puisque je ne suis généralement pas très rapide au départ. Alors deux départs dans la même course, c’est trop pour moi…

Les épreuves de Coupe d’Europe ont bénéficié d’un plateau très relevé : beaucoup de skieurs de Coupe du monde étaient en effet présents car les non-sélectionnés pour Cortina avaient ainsi le moyen de combler un trou dans leur programme. Lors de la première descente, je me suis classé 10e à 58 centièmes ; à mes yeux, j’ai livré une prestation très solide, j’ai skié à mon niveau, sans commettre d’erreur et en gérant la prise de risque. Au final, je suis 2e Suisse. Lors de la deuxième descente, je me suis classé 15e en perdant 3 dixièmes de plus et finissant 3e Suisse. Certes, j’étais plus loin que la veille mais si je ne regarde que ma performance, j’en suis satisfait car j’ai réalisé des manches constantes et rapides.

Suite à ces résultats, j’ai été sélectionné pour participer aux entraînements en vue des épreuves de Coupe du monde qui auront lieu à Saalbach la semaine prochaine. Je serai du reste en compagnie de Yannick Chabloz, qui a réussi à Sella Nevea un peu les mêmes prestations que moi. Nous devrions donc être six en qualification en vue des courses, vraisemblablement les mêmes qu’à Garmisch, à savoir Stefan Rogentin, Nils Mani, Gilles Roulin, Lars Rösti, Yannick et moi, afin de décrocher les 2 ou 3 places à disposition, selon la présence ou l’absence de Mauro Caviezel.

Il faudra donc skier vite à l’entraînement pour avoir une chance de prendre un départ. Mais comme il y aura trois courses (2 descentes et 1 super-G), les opportunités devraient être plus importantes qu’à Garmisch, où une seule épreuve était au programme.

04/02/2021 // Ça n’a malheureusement pas passé à Garmisch

Ce matin, j’ai pu participer à l’entraînement en vue de la descente de Coupe du monde de Garmisch-Partenkirchen. Au départ, je n’étais convoqué que comme réserviste. Puis, Mauro Caviezel a décidé de ne pas effectuer cet entraînement. Du coup, j’ai pu prendre sa place, même si j’en ai été informé assez tardivement.

Mais pour être aligné lors de la course proprement dite, encore fallait-il passer la sélection interne. Au départ, nous étions six pour trois places : Stefan Rogentin, Gilles Roulin et Nils Mani, ainsi que les trois de 1998, à savoir Cedric Ochsner, Lars Rösti et moi. Pour ma part, j’ai réussi une manche correcte. Ce n’était toutefois pas facile car il faisait très chaud et il avait plu pendant la nuit, si bien que la piste était molle et avait passablement creusé. Je suis finalement plutôt satisfait de ma performance, malgré un numéro de dossard assez élevé. Même si les trois premiers ont eu un petit avantage sur ce plan, il faut reconnaître que sur ce genre de piste, ils sont aujourd’hui encore plus forts que nous, que moi en tout cas. En descente, lorsque l’on n’a qu’un entraînement à disposition, et que l’on doit se qualifier sur cette seule manche, pas facile de skier à 200%...

Maintenant, je vais prendre la route du retour car la semaine prochaine, mon programme va faire la part belle au géant.

27/01/2021 // Plutôt satisfait de mes deux descentes de Coupe d'Europe

Avant le déplacement d’Orcières, on m’a souvent demandé si j’éprouvais de l’appréhension à retourner dans la station où je me suis blessé la saison dernière. J’ai toujours répondu que cela ne me faisait rien du tout. Mais lors de la reco, en passant à l’endroit précis où j’étais tombé, il faut bien reconnaître que j’ai ressenti un petit pincement au cœur. En outre, lors du premier entraînement, en arrivant à pleine vitesse à l’endroit fatidique, je n’ai pas eu les bons réflexes : je me suis mis un peu sur l’arrière, bref j’ai eu un peu peur. C’est la preuve que dans ma tête, le souvenir de ma blessure n’avait pas totalement disparu…

Heureusement, j’ai parfaitement réussi à gommer cette appréhension en course. Par rapport à l’entraînement, j’ai pu corriger le tir et skier de manière très propre.

La piste d’Orcières me convient globalement, même si elle n’est pas très raide à mon goût. Je préfère nettement quand ça va un peu plus vite. En revanche, le revêtement était très abimé cette année, comme l’année passée du reste : il y avait des trous, les skis tapaient beaucoup, ce que je n’apprécie pas trop. Dans ce genre de situation, je cherche systématiquement une ligne différente de celle des autres concurrents de manière à ce que ça tape moins.

Mon objectif en descente était de retrouver une certaine confiance. J’avais terminé 15e et 20e des deux premières épreuves de la saison, à Santa Caterina, et je voulais m’améliorer. Hier, lorsque j’ai franchi la ligne d’arrivée, j’étais 2e avec 1 centième de retard alors que les 10 premiers au classement de la Coupe d’Europe avaient déjà terminé. Au final, je me suis classé 7e, dépassé par les coureurs de Coupe du monde, qui se sont élancés après moi ; certes, ils sont un peu plus forts, mais il ne me manque pas grand-chose. Je suis donc vraiment très satisfait de ma performance d’hier.

Aujourd’hui, j’ai commis une petite erreur, à un endroit qui le ne pardonnait pas, pour me classer 15e. Il m’a manqué 2 voire 3 dixièmes pour être vraiment content de moi, mais ma faute explique cette perte de temps.

En ce qui concerne le super-G, je suis actuellement 4e du classement provisoire. Or mon objectif est de prendre place sur le podium. J’espère donc effectuer une bonne course demain, je veux être très rapide et ne commettre aucune erreur. En d’autres termes, je veux pouvoir être satisfait de ma performance. Difficile de se projeter de façon plus concrète, ma réussite dépendant aussi de la performance de mes concurrents pour le podium...

Quant au combiné, je vais a priori m’aligner. Pour autant que la météo le permette car là, il neige à gros flocons. Pas sûr que les courses puissent se disputer demain mais on va quand même se préparer. Si je participe au combiné, c’est que j’ai toujours l’espoir de bien faire : en effet, je skie bien en super-G et j’ai montré que je peux aller vite en slalom. Enfin relativement vite, bien sûr, pas aussi vite que les spécialistes… Le seul couac, c’est que j’ai perdu tous mes points ; du coup, je vais hériter d’un dossard très élevé. Tout dépendra en fait de la piste et de la visibilité : si elles ne sont pas bonnes, pas question de risquer une blessure en me livrant à fond, d’autant que l’avenir de la discipline est encore incertain.

20/01/2021 // J'ai mon objectif en point de mire!

A Zinal, nous n’avons pas couru sur la piste où ont eu lieu les Coupes d’Europe en décembre, le règlement n’autorisant que deux courses dans la même discipline sur la même piste. Avec seulement sept épreuves par discipline, ce ne serait effectivement pas très équitable. De prime abord, cette nouvelle piste était moins à mon goût, si bien que je n’étais pas très content. De plus, après une pause d’un mois, je ne savais pas trop où je me situais par rapport aux autres concurrents.

Le premier jour, le tracé était assez direct. Comme j’avais le dossard 13, je suis parti derrière les favoris mais suis arrivé premier avec 77 centièmes d’avance. Je n’y croyais pas, à tel point que j’ai demandé autour de moi si le chronométrage était bien correct… Ensuite, j’ai vu les autres terminer derrière, et j’étais encore largement en tête après les 30. Au fur et à mesure, la piste s’est un peu accélérée avec le soleil sur le plat final tout en restant assez bonne sur le mur du haut. Ce qui a permis à des dossards élevés de rentrer dans les dix premiers (le 76 a même fini 10e). Jusqu’au 39, Lars Rösti, qui me passe devant pour un centième… Mais je ne me suis pas vexé pour autant, c’est la loi du sport ; peut-être que les centièmes seront en ma faveur la prochaine fois ; et à tout prendre, c’est mieux d’être dépassé par un Suisse. Cette deuxième place constitue le meilleur résultat de ma carrière, et mes meilleurs points FIS.

Le lendemain, le tracé était un peu plus tournant, un peu moins à mon avantage. En outre, j’ai commis une petite imprécision à l’entrée du plat qui a dû me coûter quelque deux dixièmes, l’écart qui, au final, me sépare du top 5. À mon sens, il n’était pas possible pour moi d’arriver tout devant sur ce type de tracé, d’autant plus que les coureurs ayant commis des erreurs la veille avaient corrigé le tir. Le niveau était d’ailleurs plus élevé : avec un retard de 71 centièmes, je ne suis même pas entré dans le top 10.

C’est Josua Mettler qui s’est imposé ce jour-là. Ça fait toujours plaisir de voir un coéquipier gagner surtout que nous sommes depuis cinq ans dans la même équipe. En effet, depuis mon arrivée dans le cadre C, nous avons passé trois ans ensemble avant de rejoindre en même temps le groupe vitesse. Cette victoire est un super résultat pour lui, elle va amener beaucoup de niveau et de confiance au sein de l’équipe, qui comporte encore Yannick Chabloz et Alexis Monney. De nous quatre, trois sont déjà montés sur le podium en Coupe d’Europe cette saison, alors que j’étais le seul à l’avoir fait auparavant. Et à mon avis, Alexis ne va plus tarder à nous rejoindre parce qu’il est toujours très rapide et toujours devant à l’entraînement. C’est vraiment positif d’avoir un tel niveau au sein d'un groupe, tout le monde se tire en fait vers le haut.

Là, je vais me plonger dans les livres car j’ai des examens universitaires samedi. Dimanche, je vais partir pour Orcières, en France, où je m’étais blessé l’année passée. La semaine prochaine sera très importante pour la Coupe d’Europe, avec 2 descentes, 1 super-G et 1 combiné. En tout, il reste deux super-G et je suis actuellement 4e du classement de la discipline. Mon objectif de la saison est de terminer dans les trois premiers, afin de décrocher une place fixe en Coupe du monde. Et c’est parfaitement jouable puisque je ne suis qu’à 11 points du podium. A titre indicatif, le centième perdu sur le vainqueur le premier jour à Zinal m’a coûté 20 points et 7 centièmes de mieux le second jour m’auraient rapporté là encore 20 points de plus. C’est donc très serré, et tout reste possible.

14/12/2020 // Le Nouvelliste me consacre un article

Petit portrait
Arnaud Boisset

Né le 08/05/98, 185 cm, 85 kg

Ski-club: Bagnes

Groupe d'entraînement: Coupe d'Europe vitesse

Entraîneur: Franz Heinzer

Ecole: Unidistance (Bachelor en Economie et Management)

Meilleures perfs en carrière: 3e de la descente de Coupe d'Europe de Chamonix (1er junior) - 3e du super-G de Coupe d'Europe de Zinal - 5e du super-G des Universiades de Krasnoïarsk (Russie) - 7e du super-G des championnats du monde juniors de Pozza di Fassa

Classement mondial au 1.09.2020: 55e en super-G / 99e en descente

Objectifs pour la saison 2020/21: décrocher une place fixe en Coupe du monde pour la saison 2021/22