Anna Violon

02/01/2026 // Début de saison

C’est après une vingtaine de jours de ski que j’ai débuté la saison de compétition à Arosa. Initialement, trois géants étaient prévus et finalement, il n’y aura eu qu’une seule course au bout des cinq journées passées sur place. Mais c’est le ski, avec les aléas de ce sport tributaire de la météo, des conditions d’enneigement et de tellement de facteurs que nous les skieurs nous ne contrôlons pas. Après Arosa, où une grosse erreur sur le raccord m’aura fait finir un peu trop loin des meilleures, je suis allée à Puy-Saint-Vincent, avec de grosses attentes car ces courses étaient qualificatives pour la Coupe d’Europe. Mais quand on veut trop bien faire, parfois on se perd. Je suis repartie dépitée, ne comprenant pas pourquoi le fossé était aussi grand entre l’entraînement et la course. 

Sur quoi, retour à l’entraînement pour essayer de comprendre et de retrouver mes sensations. Ensuite, direction Les Saisies. Là, tout était différent, avec un temps magnifique, les retrouvailles avec plein de vieilles copines, le résultat n’allait pas être le plus important cette fois. Des courses où il y a eu de petites erreurs qui coûtent vite cher, la sensation qu’il manque le dessert, mais moi j’étais contente, persuadée que l’année 2026 m’apportera bien mieux.

Après Les Saisies, j’ai enfilé ma tenue ESF pour découvrir le métier de monitrice de ski. Deux semaines plus tard, je sais que le Club Piou Piou n’est pas vraiment fait pour moi : un petit Maël, trois ans, apparemment élevé à la méthode Montesorri, m’a légèrement marqué...

Maintenant place à l’entraînement avant les premières courses de vitesse. Moi qui n’en ai pas fait depuis quatre ans, je suis ravie de reprendre cette nouvelle saison et de rechausser les grands skis.
 

29/09/2025 // Fin d’été - nouveau chapitre

Comme mon dernier post pouvait le laisser sous-entendre, j’étais fatiguée à la fin de la saison dernière, j’avais besoin de prendre du recul, de voir et de faire d’autres choses.

Fin avril, je me suis donc rendue à Tignes (jamais bien loin des sommets enneigés pour autant) où j’ai réalisé et réussi mon UF1, qui constitue le premier module pour pouvoir enseigner le ski. Ces deux semaines avec l’ENSA m’ont fait redécouvrir le ski par le commencement, revoir les exercices du début, les premières sensations de glisse, dans le but de perfectionner des élèves mais avant tout de partager avec eux le plaisir du ski.

Après ces deux semaines, j’ai changé d’horizon. Je suis retournée en Suisse et me suis mise à réviser car je n’avais que deux mois pour préparer les examens de maturité professionnelle économique et comptabilité. Ayant manqué l’école tout l’hiver, je n’étais pas très sereine… J’ai donc révisé, et tout revu du mieux que je pouvais.

Fin juin, les résultats sont tombés, aucune moyenne négative. Une bonne chose de faite et qui se trouve désormais derrière moi.

À partir du début mai, j’avais aussi commencé mon job saisonnier à la piscine de Colovray. C’était mon deuxième été là-bas. J’aime beaucoup cette expérience car c’est un environnement où les gens viennent faire du sport, les collègues, les clients, les chefs aiment pour la plupart le sport en général, ce qui facilite les liens amicaux qui se développent tout au long de la saison.

Au milieu de l’été, je me suis posé la question de savoir quoi faire après la saison. Je me suis renseignée pour la douane, l’école de police, un certificat de gestionnaire RH, et finalement m’est venue à l’esprit la voie de la physiothérapie. Mon choix est fait, ce sera physio. Mais avant de se présenter au concours, il faut effectuer une année propédeutique. Cette année, je la ferai en deux ans. En un, cela aurait été impossible avec le ski car il y a beaucoup d’ateliers pratiques où la présence est indispensable.

Pour le ski, je me suis entraînée physiquement tout l’été. Mon corps change et petit à petit, le temps mais aussi l’absence de ski font que les séquelles commencent à disparaître. Je peux à nouveau courir un petit peu, refaire des appuis et, pour la première fois depuis décembre 2022, je ne me sens plus blessée.

C’est donc tout décidé : je vais repartir sur les skis début octobre pour une nouvelle saison. Mon premier stage se déroulera à Saas-Fee, avec l’idée de partir fin octobre en Finlande pour une dizaine de jours. En espérant bien y voir des aurores boréales 😊

30/04/2025 // Pour peut-être, demain, un jour, jamais, tout recommencer.

C’est la fin de cette saison de retour de blessure. Cette saison où je me suis demandé un nombre incalculable de fois, et si ce n’était pas trop tôt ? Mais entre trop tôt et trop tard, il n’y a qu’un pas.

Ce retour de blessure au goût de première année FIS, avec des départs qui semblaient être les premiers d’une vie, des points élevés à baisser à nouveau, et ma première saison FIS sous drapeau français.

Cette saison où j’ai tant entendu des “sois patiente“, ”faut pas t’attendre à de grandes choses, tu reviens de loin”, “laisse-toi le temps”. 

Mais comment s’attendre à pas grand chose ? Comment encaisser quand on a tout fait pour revenir ? Comment ne rien espérer quand on a eu tellement mal ? Quand on se souvient de tout ?

On ne le peut pas, tout simplement. On espère secrètement avoir une fin heureuse. Une fin à la hauteur de la destruction physique et mentale. Tout simplement, une fin au goût de soulagement.

Mais la vérité, c’est que la vie n’est que ce qu’elle est, certaines choses arrivent, pas pour le mieux, pas pour le pire, pas parce qu’on le mérite. Juste, elles arrivent, laissant derrière elles des séquelles qui pourraient être à vie, des traumatismes sanglants, une jambe charcutée.

Mais c’est comme ça, on essaye de serrer les dents autant qu’on peut, de s’accrocher à de petites choses, espérant, qu’un jour, tout cela se dissipe.

Maintenant, il est temps de se reposer pour peut-être, demain, un jour, ou jamais tout recommencer.

21/01/2025 // Retour réussi

Il y a de cela 2 ans, à seulement quelques pistes, je me suis cassé le tibia et le fibula.
Je me suis retrouvée sur ce petit stade, effondrée, hurlant de douleur, et pleurant de déception.

Bien des mois sont passés où je n’avais plus l’impression de vivre.
Un énorme gouffre se creusait en moi et ne cessait de croître par l’incapacité de le remplir.

J’avais terriblement peur, peur de tant de choses, mais surtout peur de ne plus jamais pouvoir apprécier ces neiges changeantes, ces paysages gelés, ces courbes taillées, ces manches imparfaites d’une minute, ces rencontres, ces souvenirs que l’on ne peut oublier.

Alors oui, on est loin de ce que rêvait une petite fille qui autrefois était plus blonde et bien plus prometteuse.
Mais les rêves sont comme l’être humain, ils évoluent avec le temps, ainsi qu’avec les épreuves et bénédictions de la vie.

Et ce week-end, j’ai réalisé le rêve d’une fille de 19 ans qui a été à l’agonie ici-même, alors qu’il y a de cela moins de 2 ans je réapprenais à marcher.

Merci à ma famille.
Merci papa maman de m’avoir toujours soutenue même si je n’ai pas toujours su l’apprécier.
Merci à mon petit frère qui est le seul que je laisse me réconforter quand je veux voir personne.
Merci à mes chats d’amour.
Merci choupette, mon petit bolide Allemand qui me rappelle d’où je suis revenue.
Merci aux copains et à toutes les autres personnes qui essayaient de comprendre et qui prenaient des nouvelles.
Merci à toutes les personnes qui ont été présentes sur une partie de cette longue convalescence (même si c’est pas fini héhé).

Et pour finir, comme le disait si bien un écrivain français, merci pour les épines, merci pour les roses :)

14/12/2024 // C’est reparti !

Cette semaine, j’ai fait mes premières courses, 2 ans plus tard (à 17 jours près). Et oui, Roland Barthes disait que l’on peut mesurer son amour à son attente. Et 2 ans, c’est le prix qu’il m’a fallu payer pour me retrouver à nouveau devant un portillon. 

Alors aujourd’hui, il est temps de rendre hommage…

À toutes ces larmes versées sans pour autant qu’elles ne soulagent
À toutes ces questions posées sans pourtant ne jamais avoir de réponse
À toutes ces nuits à fixer le plafond
À toutes ces douleurs poignardantes
À toutes ces désillusions qui détruisent
À toutes ces peurs développées
À tous ces petits pas devenus grands
À tous ces cauchemars qui hantent
A tous ces cris jamais entendus
À tous ces médicaments ingurgités
À toutes ces barres soulevées
À toutes ces poches de glace décongelées
À toutes ces gammes répétées
À toute cette tristesse accumulée
À toute cette attente interminable
Et pour finir,
À tout cet amour dévastateur qui ne demandait qu’une chose : retrouver ces sommets enneigés et ces portes bleues et rouges.

 

C’est enfin reparti :-)

P.-S.: On ne parlera pas de résultat car il serait ridicule de comparer 4 minutes à env. 1’028'000 minutes d’attente active.

Petit portrait

Née le 3/09/2003, 159 cm, 52 kg

Ski-club: Abondance (France)

Meilleures perfs en 24/25: trois victoires FIS et cinq podiums

Points FIS au 30.9.2025: 37,24 en géant

Objectifs pour la saison 2025/26: la Coupe d'Europe

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