Justine Herzog

31/03/2026 // Après une lueur d'espoir, ma saison de course est terminée

Après les quelques compétitions auxquelles j’ai participé fin février - début mars, j’ai pris cinq jours de pause sur les skis. L’objectif était de voir si cela permettait de diminuer les douleurs au dos et de comprendre si c’était ce dont mon corps avait réellement besoin à ce moment-là. J’en ai aussi profité pour retravailler la préparation physique et essayer de repartir sur de bonnes bases en vue de la suite.

Malheureusement, cette pause n’a pas apporté l’amélioration que j’espérais.

Cinq jours plus tard, je me retrouvais pour mon premier vrai jour de slalom depuis mon arrêt en Finlande, plusieurs mois auparavant. J’avais vraiment envie de participer à ces courses à Champex-Lac (Valais), notamment parce que je pouvais profiter de deux journées d’entraînement sans pression avant les compétitions. Le slalom est une discipline que j’apprécie particulièrement, et je me réjouissais beaucoup de retrouver ces sensations.

Au début de l’entraînement, les sensations n’étaient pas mauvaises, surtout pour une reprise. Mais la piste était déjà bien marquée et les charges sur le dos étaient importantes, avec des impacts assez violents. Au fil de la séance, les douleurs sont devenues de plus en plus présentes, jusqu’à un point où je n’arrivais plus à enchaîner plus de cinq virages sans ressentir une douleur forte.

La déception a été grande. Je me réjouissais vraiment de refaire du slalom, de retrouver le départ dans les mêmes conditions que les autres et de pouvoir m’exprimer pleinement. J’avais même essayé une ceinture lombaire pour aider à mieux supporter les charges, mais cela n’a malheureusement pas suffi.

Le lendemain, j’ai voulu réessayer, mais même en ski libre, ça n’allait déjà pas. Les douleurs n’avaient pas disparu depuis la veille. À ce moment-là, il devenait évident qu’il ne fallait pas forcer : si je ne peux pas skier librement, cela ne sert à rien de prendre part à une course. J’ai donc pris la décision de rentrer à la maison.

La semaine suivante, j’ai effectué un nouveau contrôle médical, suivi d’une IRM quelques jours plus tard. Celle-ci n’a rien révélé de plus que celle de novembre. La situation ne s’est pas améliorée (ce qui était attendu, car le disque ne peut pas simplement se remettre en place), mais elle ne s’est pas aggravée non plus. C’est un petit point positif dans une période qui reste difficile.

Pour l’instant, le focus est donc légèrement différent. Je suis retournée à l’école pour me mettre à jour et avancer au mieux dans ma maturité, tout en continuant le travail de préparation physique avec Stéphane Grichting (Elitment). L’objectif reste de consolider les bases et de poursuivre le travail effectué ces dernières semaines, en gardant toujours en tête ce retour progressif vers le ski.

Cette période est loin d’être simple, mais elle m’apprend énormément. Elle m’oblige à faire preuve de patience, à écouter mon corps et à accepter que le chemin ne soit pas linéaire. Même si c’est frustrant de voir la saison avancer et les courses s’enchaîner sans pouvoir être pleinement au départ, je sais que tout ce travail a du sens. Je reste convaincue que cette étape me rendra plus forte pour la suite.

Après une lueur d'espoir, Justine Herzog met un terme à sa saison © Kestler Studio 
 

28/02/2026 // Une reprise progressive, des courses et beaucoup d’apprentissage

Depuis décembre, beaucoup de choses se sont passées. J’ai d’abord profité des vacances scolaires pour faire des activités qui me faisaient plaisir et surtout skier avec des amis. Ces moments simples, loin de la pression, m’ont permis de retrouver du plaisir sur les skis et de recharger un peu les batteries, autant physiquement que mentalement.

À la mi-janvier, j’ai repris progressivement le ski dans les piquets. Au début, uniquement sur des sections faciles et en divisant le parcours, afin de réhabituer mon corps aux contraintes du tracé. Cette reprise s’est faite lors d’un camp dans les Dolomites, à Pozza di Fassa (Italie). C’était le premier vrai camp avec l’équipe depuis celui de fin octobre, et surtout la première fois que je retrouvais un cadre d’entraînement plus ou moins normal. Pendant ce camp, j’ai gentiment recommencé à trouver des sensations, ce qui était très positif.

Par la suite, j’ai enchaîné plusieurs jours d’entraînement par-ci par-là, sans faire de gros blocs. L’objectif était clair : continuer à combiner le ski et la préparation physique en parallèle, tout en évitant une charge trop élevée. Toute la préparation physique, mais aussi ma position sur les skis, sont adaptées afin de limiter au maximum les contraintes sur le dos. Les progrès sont là, autant physiquement que sur les skis, mais il me manque encore des kilomètres pour apprivoiser tous ces changements et retrouver une pleine confiance dans mes capacités.

Vers mi-janvier, j’ai pris part à l’ouverture de courses en géant, à Thyon (Valais) et à Engelberg (Obwald), pour deux courses à chaque fois. À Engelberg, les chronos ont montré que j’étais clairement dans le coup. À Thyon, c’était l’une des premières fois que je passais dans un parcours de plus de 50 secondes depuis mon retour, ce qui rendait encore difficile le fait de vraiment m’engager dans la pente sur toute la longueur et de trouver un rythme intense. À Engelberg, en revanche, j’ai réussi à augmenter l’intensité et la conséquence de mes appuis, ce qui était très encourageant. Par contre, je n’ai pas encore pu réaliser de manches complètes en slalom. Mais le plaisir de passer dans les piquets est clairement de retour, et l’heure du slalom arrivera prochainement.

Du coup, j’ai profité des championnats jurassiens de géant et de la Ragusa Ski Cup que je connais bien pour remettre un dossard. C’était à Leysin (Vaud) et j’ai pu passer la vitesse supérieure avant de penser à la suite (retour gagnant pour Justine Herzog). 

Après ces bons signaux, je devais initialement prendre le départ aux courses des Diablerets (Vaud) les 12 et 13 février. Malheureusement, elles ont été annulées à cause de la météo. La semaine suivante, j’aurais dû me rendre en Italie, mais les inscriptions ont finalement été limitées. Et enfin, une course prévue le 23 février en Autriche a elle aussi été annulée.

Les deux géants des Diablerets ont finalement été reprogrammés les 24 et 25 février à Flumserberg (Saint-Gall), même si la première course a été décalée d’un jour en raison de la météo. Le 25 février, me voilà donc au départ de ma première course au niveau auquel je concours depuis longtemps. Durant les derniers jours d’entraînement, j’avais déjà ressenti des douleurs au dos et je ne me sentais pas en pleine possession de mes moyens. J’ai tout de même pris le départ pour cette reprise, en donnant le meilleur de moi-même. J’ai terminé à la 17e place, un résultat plutôt encourageant pour une première course, même si nous avons clairement vu qu’il y avait encore beaucoup de potentiel inexploité.

Le lendemain, lors de la deuxième course, dès l’échauffement à ski le matin, j’ai senti que les douleurs étaient bien présentes et que je n’étais pas libre dans mes mouvements. J’ai malgré tout décidé de prendre le départ. En course, j’ai essayé d’augmenter l’intensité et l’amplitude de mes mouvements, en pensant moins à la technique et davantage au relâchement, en essayant de lâcher prise. Après une 13e place en première manche, à moins de 1’20 de la première et malgré plusieurs fautes qui m’ont coûté du temps tout au long du parcours, j’étais plutôt satisfaite. En deuxième manche, j’ai reculé à la 17e place. Le haut du parcours était déjà beaucoup plus fluide et engagé, mais au fil de la manche, je me suis bloquée de plus en plus, avec une baisse d’intensité.

Ce week-end m’a néanmoins permis de tirer une conclusion importante : même avec un ski très moyen et plusieurs fautes, je ne perds pas des mille et des cents. C’est plutôt encourageant. Et surtout, ça faisait énormément de bien de retrouver l’ambiance des courses, ce pour quoi on s’entraîne chaque jour, ainsi que de revoir des amies et anciennes coéquipières de NLZ West.

Après cette semaine très chargée, avec trois jours d’entraînement et de courses, je sens qu’il est nécessaire de lever un peu le pied et de ne pas continuer sur le même rythme, car le dos ne suit pas complètement. J’ai donc décidé de partir aux Grisons la semaine prochaine pour un jour d’entraînement de super-G à Davos (seulement le deuxième de la saison) afin de changer un peu de rythme, dans l’idée d’enchaîner ensuite avec les deux courses prévues.

En ce moment, la patience est vraiment la clé. Je dois accepter et apprendre à ne pas précipiter les choses, même si ce n’est pas facile. Je sais que tout mon entourage est là pour m’aider et que tout est mis en œuvre pour un retour à 100%, sans douleurs. C’est difficile, en tant qu’athlète et compétitrice, de voir les courses s’enchaîner derrière le live, de sentir le temps passer et de réaliser que nous sommes déjà début mars. Mais je dois être convaincue que ce chemin, même plus lent que prévu, est le bon. Et surtout j’essaie de ne pas perdre le sourire.

29/12/2025 // Mon dos retarde le début de saison

Depuis la mi-octobre, je traîne des douleurs au dos qui m’empêchent de m’entraîner sur les parcours de ski. J’avais déjà connu des douleurs la saison passée, qui étaient parties en juin, mais elles sont revenues lors des tests physiques à Macolin cet automne. Depuis, j’ai fait une IRM (photo), qui a confirmé une inflammation dans le bas du dos, accompagnée d’une forte tonicité musculaire. Les analyses ont aussi révélé une protrusion du disque intervertébral (plus d’info sur mon blog de novembre dernier). 

Pour essayer de remédier à cette situation, cela fait maintenant un mois et demi que j’ai changé d’entraîneur physique et que je travaille avec Stéphane Grichting de chez Elitment à Sion. C’est vraiment positif, car il adapte tout en fonction de mon ressenti au niveau du dos et prend le temps d’écouter comment je me sens. Jusqu’à présent, j’étais suivie par l’entraîneur de l’équipe, et ce changement m’apporte un suivi plus individualisé, qui fait une vraie différence.

Je fais aussi beaucoup de physio pour relâcher les muscles très toniques et mieux comprendre ce qui se passe. Ce n’est pas toujours simple, car en pleine saison je dois skier la plupart du temps en libre et souvent seule. Mais il y a du positif : chaque semaine, j’arrive à augmenter un peu l’intensité sur les skis et à avancer progressivement.

Je ne sais pas encore quand je pourrai reprendre la compétition, mais je sens que ça progresse bien et les entraîneurs sont confiants. J’ai accepté que cela prendra un peu de temps et qu’il faut à tout prix éviter de revenir trop vite, car si la douleur et l’inflammation reviennent, ce sera ensuite plus difficile à gérer. Ce qui est encourageant, c’est que tout le monde collabore très bien entre la préparation physique et l’entraînement sur la neige : nous avançons tous dans la même direction.

J’espère pouvoir retrouver rapidement un entraînement 100 % normal, puis envisager de remettre un dossard. D’ici là, je vous remercie pour votre soutien et je vous souhaite à toutes et tous un bon début d’année 2026.

12/11/2025 // L’heure du bilan de la préparation

La période de préparation touche à sa fin, et c’est le moment idéal pour dresser un premier bilan avant le début de la saison. Après un bon démarrage sur le plan physique, j’ai rapidement retrouvé la neige, en alternant les entraînements entre Saas-Fee et Zermatt. Ces premières journées sur les skis ont permis de remettre les bases en place et de retrouver les sensations. Un stage en dôme à Wittenburg est ensuite venu compléter le programme, avec pour objectif principal de répéter les gammes techniques et d’affiner les automatismes.

La reprise de l’école a marqué le début d’une période plus dense, avec la dernière année de maturité en parallèle du ski. Trouver l’équilibre entre les études et l’entraînement représente un véritable défi, mais fait partie intégrante de mon parcours d’athlète.

Les semaines suivantes se sont poursuivies entre Saas-Fee et Zermatt, avant un déplacement en Finlande pour un camp d’une dizaine de jours. Malheureusement, des douleurs au dos, déjà présentes la saison passée, sont revenues et m’ont freinée dans ma préparation. Durant la deuxième semaine à Levi, j’ai dû interrompre complètement l’entrainement, ce qui m’a également conduit à faire l’impasse sur deux autres camps prévus sur les skis. Je ressors tout de même avec une bonne confiance accumulée durant ces quelques jours.

Pour ce problème au dos, j’ai passé une IRM réalisée début novembre. Elle a révélé une inflammation dans le bas du dos, accompagnée d’une forte tonicité musculaire. Les analyses ont aussi révélé une protrusion du disque intervertébral (un disque intervertébral s’est déplacé hors de sa position normale, sans rupture de l’anneau fibreux, provoquant des douleurs, des engourdissements et une faiblesse musculaire en exerçant une pression sur les nerfs environnants). Après une semaine de repos et de soins, je remets les skis cette semaine après une petite pause de plus de deux semaines. Cette reprise sera tranquille, avec pour objectif de retrouver progressivement les sensations sans brusquer les choses.

Les sensations restent globalement positives : la glisse est là, la confiance revient peu à peu, même s’il manque encore parfois ce petit « grain de folie » indispensable pour tout lâcher entre les piquets.

Je suis toujours à la recherche de sponsors, notamment d’un sponsor principal pour la saison à venir. Grâce à Tooski, j’espère pouvoir partager davantage mon parcours et créer des nouvelles opportunités pour la suite.

Bon début d’hiver à toutes et tous ! 😊

 

25/06/2025 // Cette saison-là, j’ai appris autrement

Si la préparation estivale de la prochaine saison a déjà commencé, je voulais encore revenir sur les derniers mois de l‘hiver 2024-2025. Et j’ai plutôt des bonnes nouvelles après quelques moments de doute en milieu de saison. De retour en sur les pistes suisses début février, je me suis remise dans le rythme avec une série de six slaloms. Mais la période a tout de même été marquée par de nombreux DNF, et une seule course menée jusqu’en bas… C’était difficile pour moi de trouver le juste équilibre : soit je cherchais à trop engager et les fautes arrivaient, soit je restais trop sur la retenue et les erreurs techniques s’accumulaient. Pas facile de faire matcher l’intention et la réalisation.

Heureusement, le déplacement aux Diablerets (Vaud), sur l’une de mes pistes préférées, a ramené un peu de confiance et de sérénité. Deux fois dans le top 6, dont une course où je signe une très belle première manche (4e à seulement 4 dixièmes de la tête), avant qu’une grosse faute en deuxième manche me fasse reculer au classement. C’est là qu’on réalise qu’à ce niveau, il est important d’être constant et qu’il faut réaliser deux bonnes manches pour être devant.

Les géants à Meiringen (Berne) n’ont pas non plus apporté les résultats espérés. J’avais du mal à me lâcher, à mettre cette dose de folie qui fait la différence. J’étais comme bloquée, inconsciemment freinée dans un coin de ma tête.

Un nouveau départ à Champex-Lac

Ensuite, direction le Pays du Grand-St-Bernard pour deux slaloms en une seule journée (après une annulation la veille). Une journée intense, mais enfin des signes positifs : meilleur temps de la deuxième manche sur les deux courses, une 3e place lors de la 1ère course et une médaille en chocolat place lors des championnats suisses juniors. Qu’est-ce que ça m’a fait du bien de sentir que quelque chose revenait.

Le détour par l’Italie à Limone m’a également fait du bien. À seulement une heure de Nice, donc bien au sud des Alpes, ça changeait de l’ambiance suisse habituelle. Les deux courses ont suivi le même scénario : une très bonne manche, puis une deuxième plus compliquée, notamment pas aidée par la piste marquée à cause de la chaleur en deuxième manche. Résultat : pas de baisse de points en géant.

La fin de saison a été dense, avec 6 courses en 6 jours, réparties dans trois stations. D’abord avec les championnats suisses de géant à Zinal et une belle deuxième manche propre, sans grosses fautes, pour un 12e rang final. Ensuite avec l’épreuve de slalom à St-Luc, un peu plus frustrant… Trop de respect, pas assez de folie, je n’ai pas réussi à prendre les risques nécessaires. Après le Val d’Anniviers, je me suis rendue en France à Val d’Isère (France) sans réaliser de grandes performances. Les slaloms étaient tracés de manière très rapide et dans ces situations, j’ai tendance à trop chercher la sûreté.

La saison s’est clôturée à Engelberg (Obwald) avec deux bons géants : une 3e et une 4e place, avec à chaque fois une deuxième manche bien plus engagée. Finir sur cette note positive m’a fait énormément de bien. La confiance et le plaisir ont commencé à revenir, juste à temps.

L’heure du bilan 

Cette saison 2024–2025 n’a pas été la plus simple. C’est probablement la première où les choses ne se sont pas déroulées comme prévu, malgré une très bonne préparation estivale. Mais c’est aussi ça le sport de haut niveau : savoir traverser les périodes difficiles, apprendre à rebondir, et continuer d’avancer. Ces mois m’ont énormément appris, sur le plan technique mais surtout mental.

Et là, la nouvelle saison est déjà sur les rails. J’ai faim et j’ai une très grande motivation à entamer l’hiver avec tout le recul de la saison précédente. La préparation physique est en cours, et je me réjouis déjà de remettre les skis début juillet au pied du Cervin à Zermatt.

L’envie est intacte et la route continue. Bel été à toutes et à tous, et merci pour vos encouragements !

© Olivier Schönberg
 

Petit portrait

Née le 20/04/2006, 170 cm, 67 kg

Ski-club: Chasseral Dombresson

Entraîneurs ski: Yves Maret, Joachim Vollmer et Karen Métrailler

Entraîneur condition physique: Stéphane Grichting

Etudes: maturité à Brigue

Meilleures perfs en carrière: victoire en course FIS et participation aux JOJ 2024 (4e en super-G et en géant, 7e en slalom)

Points FIS au 1.11.2025: 27,26 en slalom, 34,41 en géant, 86,03 en descente, 87,38 en super-G

Objectifs pour la saison 2025/26: continuer à baisser mes points FIS et grimper les échelons dans les cadres de Swiss-Ski

Mes sponsors

 

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